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Destroismaisons from Picardie

Province of Picardie Crest

The following text is transcribed from a scan made from a photocopy made from a microfilm copy of the book "Les Picards au Canada" that is held by the Mormon church. The book was published by Gabriel Enault, Mamers, France, for the Société d'Histoire du Canada, Paris, France, as a part of their "Série Provinces de France". It appears to have been published in the year 1926. I have made an English translation of sorts.

Série Provinces de France

Les Picards au Canada
par
Le Docteur Lomier
de la
Société des Antiquaires de Picardie

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Ville d'Amiens et son diocèse

De toute la Picardie, c'est le diocése et la ville d'Amiens qui fournirent au Canada le plus grand nombre de colons.
     Voici les noms de la plupart d'entre eux:

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     DESTROIMAISONS, Des pages entières sont consacrées par l'Abbé Tanguay dans son dictionnaire généalogique, aux membres d'une famille ayant porté le nom de Destroimaisons, hommes et femmes, avec leur descendance. Le premier cité comme ayant habité le Canada, portait le prénom de Philippe. Au 18 Novembre 1669, il résidait dans la commune de Château-Richer. Baptisé en 1637, il était originaire de la paroisse Notre-Dame, de Montreuil, évéché d'Amiens, et il avait épousé Marguerite Crosnier, baptisée en 1645, venue en Nouvelle-France, de Fontenay, diocèse de Rouen.
     Cette famille serait originaire de la terre, hameau ou lieu dit Les Trois-Maisons -- ce serait le veritable nom -- terre située à Bazinghen, en Boulonais. Elle était très ancienne. On trouve des Trois-Maisons à Liège en 1325, à Fiennes, en Boulonais, en 1477, puis à Bazinghen et dans les villages environnants, notamment à Audighen. Survient la reddition de Boulogne au roi d'Angleterre Henri VIII, le 14 Septembre 1544. Les Trois-Maisons abandonnent un pays ruiné et dévasté et se réfugient dans le Ponthieu, à Montrèuil-sur-Mer, en même temps que d'autres familles boulonnaises. Mais, lors du rachat de Boulogne par la France, en Juin 1546, une branche de la famille des Trois-Maisons rentra à Bazinghen, dans le Boulonais, et s'y distingua dans la fabrication des armures et des arquebuses, en 1645, dans la rue du Pot d'Etain. C'est un des fils, Philippe, qui émigra de Montreuil[sic] au Canada où il prit le surnom de Picard.
     Il y fit souche d'une très nombreuse famille à laquelle l'Abbe Tanguay, dans son dictionnaire généalogique, ne consacre pas moins de quatre grandes pages. Il cité environ trente-huit personnes, hommes et femmes, ayant porté au Canada le nom de Trois-Maisons, depuis l'arrivée de Philippe dans cette contrée, jusqu'en 1763, date de la

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cession de la Nouvelle France à l'Angleterre. Toutefois, au mois d'Aout 1828, une Trois-Maisons vivait encore au Canada.
     On raconta plus tard qu'une importante succession, qui devait revenir à la famille des Trois-Maisons, en vertu d'un ancien testament, fut appréhendée par la France ou par l'Angleterre, on ne sait au juste. Toujours est-il que dans l'exemplaire du dictionnaire génealogique de l'Abbe Tanguay, qui figure à la Bibliotheque Nationale, à Paris, les pages consacrées à la famille des Trois-Maisons sont plus ou moins maculées et ont fait l'objet d'une etude attentive. Le nom de chaque membre de cette famille s'y[sic?] trouve marqué d'une croix au crayon, comme si un ou plusieurs heritiers ou se croyant tels, avaient travaillé serieusement la généalogie des Trois-Maisons. Il semble bien que ce fut sans succès; en tout cas, une anecdote peut ici trouver sa place.
     Dans le courant de Juillet 1908, une dame d'aspect et de manieres assez mystérieux, se présentait à Boulogue-sur-Mer, au domicile de M. Lecat du Bresty et lui faisait passer sa carte portant cette seule indication: "Dr. J. de la Neuville". Elle avait appris, expliqua-t-elle, que M. du Bresty possédait des renseignements circonstanciés concernant la famille des Trois-Maisons sur laquelle elle parut à son interlocuteur très documentée, de son côté.
     En réalité, elle recherchait le fameux testament. Habitant Paris pour l'instant, elle devait retourner en Septembre aux Etats-Unis, d'où elle était venue. Pendant deux jours, elle fouilla, en prenant de hom-breuses[sic?] notes, dans les documents mis à sa disposition par M. du Bresty, lequel lui fit remarquer que si l'Etat Français était entré en possession de l'héritage, il y avait prescription, mais qui prit soin d'ajouter, non sans une pointe d'humour, que toutefois, dans un pays comme la France où tous les avantages et les faveurs sont réservés aux étrangers, au détriment des nationaux, elle pourrait peut-être bénéficier de traités suspendant la prescription au profit d'Anglais ou d'Américains.
     Madame la Doctoresse de la Neuville partit avec tous les renseignements qu'avait pu lui fournir M. du Bresty qui n'entendit plus parler d'elle, non plus que de la succession tombée en deshérence (1).

 (1) Communication de M. Lecat du Bresty.

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