Y a t'il un certain fondement au sujet du texte publié par l'Institut Drouin ou l'article sur les La Roque dans Nova-Francia et même le roman, "Testament de mon enfance" de Robert de Roquebrune. L'article qui suit pose plusieurs questions à ce sujet sans vraiment pouvoir y répondre. Je vous invite donc à lire ce que M. Pierre Dupouey , natif de la région de Larroque-Ordan, m'a écrit à ce sujet. Nous espérons que ce texte initiera de nouvelles recherches sur d'autres pistes tel l'hypothèse qui indiquerait que notre ancêtre soit originaire du diocèse de Nevers. Il y a quelques années de cela, faisant des recherches sur les ancêtres qui m'ont laissé leur nom, c'est à dire ceux de la famille Larocque, je me souviens être tombé sur un article paru dans le troisième livre de du Dictionnaire National des Canadiens Français publié par l'Institut Drouin. Dans ce livre on raconte l'histoire de certains des premiers colons français en ce pays. J'avais été heureusement surpris de lire ce qu'on y disait concernant l'ascendance noble de mon aïeul, Philibert Couillaud de la Roque de Roquebrune, l'ancêtre des Larocque dit Roquebrune. L'institut Drouin y va avec éloge pour décrire son ascendance française. Voici ce qu'on peut y lire.
"L'ascendance de Philibert Couillaud de La Rocque de Roquebrune est vraiment remarquable. Nous ne pensons pas qu'il y ait une famille Canadienne qui puisse se réclamer d'aussi noble origine. En effet Marie de Marcilly, la mère de votre ancêtre était fille de Pierre, seigneur de Marcilly et de Charlotte de Couillaud de Hauteclair. Cette dernière était la fille de François Couillaud de Hauteclair et de Suzanne de Lucé. La mère de celle-ci, Charlotte de Champagne, appartenait à l'une des familles nobles des plus célèbre de France, celle des sires et comtes de Champagne." Autre que cette ligné apparenté aux comtes de Champagne, la lignée directe des Laroque de Roquebrune était une suite de seigneur d'un fief qui porte notre nom en Gascogne. Cette commune s'appelle de nos jours Ordan-Larroque à l'ouest de la ville de Auch dans le département du Gers.
Un dictionnaire des familles nobles de France semble contredire le Dictionnaire Drouin. Baudouin de Champagne, Baron de la Suze au Maine, Seigneur de Bazoges… (et j’en passe) avait épousé par contrat le 17 mars 1518, Jeanne, Dame de la Chapelle-Rainsoüin, fille et unique héritière d’Olivier, de la Chapelle-Rainsoüin. Leur fille, Charlotte (3ème enfant) avait mariée François de St-Gelais.Contrairement à ce qui est écrit dans le Drouin la fille de François de St-Gelais, Suzanne mariée à François de Hauteclair ont eu quatre enfants, René, Charles, François et Louis. Aucun signe de Charlotte, épouse de Pierre Seigneur de Marcilly, mère de Marie de Marcilly. Mais d'où vient cette histoire présentée par l'institut Drouin. Deux sources principales sont à l'origine de cet exposé qui a été entretenu et propagé par bon nombre de descendants de Philibert Couillaud dit Roquebrune (Larocque de Roquebrune). Nul ne saurait renier une telle ascendance.
Une des premières sources nous vient d'un article publié en 1929 dans la revue historique Nova-Francia concernant cette famille intitulé, "Les La Roque de Roquebrune en France et au Canada. ". Dans cet article écrit par Pierre Gauthier on parle d'un certain messire Bernard de LaRoque qui en 1409 se vit confier le fief de Laroque dans le comté de Fézensac par Bernard VII comte d'Armagnac. Le nom de l'endroit serait devenu un nom de famille. L'existence de cette lignée de Laroque en France est supportée par plusieurs sources bibliographiques et documents attestant la noblesse de cette famille dont notamment le fond d'Hozier sur la noblesse des familles de France. Dans cet article de la revue Nova Francia on nomme Philibert La Roque de Roquebrune qu'à trois reprises et on dit simplement qu'il est le fils de Bernard Laroque et Marie de Marcilly. Aucune référence dans le texte ne vient supporter cette thèse. De plus, on sait qu'aucun document dans la région de Auch n'a été découvert jusqu'à date qui soutiendrait que Philibert Couillaud est bien né à Auch, aucun acte de baptême ou de naissance, rien. Chose que j'ai trouvée étrange c'est qu'à la toute fin de l'article, Pierre Gauthier termine en retraçant une lignée de Larocque qui mène tout droit au mariage de Louis-René de Hertel LaRoque de Roquebrune (beau grand nom) avec sa cousine mademoiselle d'Irumberry de Salaberry. Ce sont les parents de Robert de Roquebrune. Pierre Gauthier et de Roquebrune auraient-ils été ami ou bien est-ce un pseudonyme que Robert de Roquebrune aurait emprunté. La revue Nova-Francia était publiée à Paris et on sait qu'à cette époque Robert de Roquebrune avait été envoyé dans la capitale française au nom du gouvernement canadien pour y faire des recherches se rapportant aux affaires canadiennes aux archives de Paris. Cet article est aussi un des rares à caractère généalogique à paraître dans cette revue qui habituellement contenait des articles purement historiques comme des expéditions, des traités, des lettres de gens célèbres etc. Après avoir feuilleté les sept volumes de Nova Francia, aucun autre article signé par Pierre Gauthier n'a été trouvé à part celui que nous connaissons. J'ai aussi remarqué qu'il y a plusieurs articles signés par R de Hertel et R de R. Beaucoup d'autres ne sont pas signés. Il est bien mentionné dans la revue que les contenus des articles sont la seule responsabilité de l'auteur et non de Nova Francia. Comme Pierre Gauthier n'était probablement qu'un pseudonyme de Robert de Roquebrune, ce dernier n'avait donc rien à craindre. Il semblerait que de Roquebrune alias Pierre Gauthier en voulant trouver ses ancêtres Français aurait procédé que plusieurs l'auraient fait en cherchant son nom de famille sur une carte de France mais cela n'est qu'une hypothèse. Des villages portant le nom de Laroque, Larroque etc., sont courants dans le sud de la France. La commune de Ordan-Larroque se trouve à quelques lieux d'une autre commune nommée Roquebrune. Il se dit qu'il était probablement près du but; un Larroque ici, un Roquebrune par là. En faisant des recherches sur la commune de Ordan Larroque, il trouve (ou imagine) une famille dont le père se nomme Jean Bernard Larroque et l'épouse est Marie de Marcilly dont la mère est une Couillaud de Hauteclair. Ça y est, j'ai trouvé ! En refaisant un peu l'histoire de la région en y incluant un parent qui devient seigneur de Roquebrune on arrive à une histoire qui se tient debout en autant qu'on ne cherche pas trop à trouver des preuves.
La deuxième source vient du roman écrit encore une fois par nul autre que Robert de Roquebrune et publié en 1952 "Testament de mon enfance". Robert de Roquebrune y raconte son enfance passée au manoir familial de l'Assomption. Il rapporte comment son père lui parlait de ses ancêtres Larocque. Ce récit semble à plusieurs endroits être brodé autour de ce qui avait été écrit précédemment dans l'article paru dans Nova-Francia. Robert de Roquebrune s'amuse à romancer cette histoire. Une des perles de ce chapitre est comment Philibert Couillaud, voulant que son mariage avec Catherine Laporte soit bénit par son proche cousin Mgr de Laval, aurait fait le parcourt Montréal Québec en canot avec sa fiancé de douze ans. Cela manque de réalisme et me semble être totalement farfelu de plus qu'il n'y a toujours aucun document référencé qui soutiendrait cette histoire ou encore sa parenté avec Mgr. François de Montmorency Laval. En France, Philibert aurait été mousquetaire du roi Louis XIV et aurait tué en duel un certain M. de Hauterive, action qui aurait précipité son entrée dans le régiment de Carignan pour échapper à une prison certaine. Encore là aucune référence. Dans "Testament de mon enfance " de Roquebrune fait aussi erreur lorsqu'il prétend avoir Louis Larocque époux de Marguerite St-Julien dans sa lignée (Aussi dans l'article de Nova-Francia). Il dit de lui qu'il a combattu sur les plaines d'Abraham au côté de Montcalm. Il y a bien un Pierre-Louis Laroque sur la liste des combattants des Plaines-d'Abraham, est-ce le même ? Mais quand même, cela ne change pas que son ancêtre était plutôt François-Marie, le frère de Louis, et était l'époux de Marie-Jeanne Pilon. Il erre aussi quand au nom de l'épouse de Charles-Léon Larocque qui n'était pas une McDonald mais une McDonnell. Dans Nova-Francia on se trompe aussi en disant que Charles Larocque, le fils de Charles et Geneviève McDonnell, avait épousé N. Le Fournier de Lyon en France. Il faudrait plutôt lire qu'il avait épousé Adélaïde Fournier de Rigaud (Le Rigaud bien de chez nous). Et même là, il y a erreur puisque Charles Larocque s’était remarié en deuxième noce avec Adélaïde Fournier. Le Isaac Larocque (époux de Henriette Hertel de Rouville), le grand-père de Robert de Roquebrune était né du premier mariage de Charles Larocque et de Marie Lefebvre. Robert de Roquebrune, en endossant l'histoire parue dans Nova-Francia aurait-il été en quête d'une lignée noble ou se sentait-il descendant d'une telle noblesse ? Au début du siècle, beaucoup faisaient de la généalogie dans le but de se trouver du sang royal ou faute de sang bleu on se contentait alors de petits comtes ou seigneurs de fiefs méconnus.
De ce côté de l'Atlantique, Philibert Couillaud dit Roquebrune a laissé peu de trace de sa présence en Nouvelle-France. Aucun acte de mariage n'a été trouvé, que ce fut notarié ou religieux. Pour s'assurer de la bonne réputation de notre ancêtre on pense qu'il se serait marié avec Catherine Laporte vers 1675, cela parce que le premier né vit le jour en 1676. De toute façon il aurait été difficile de faire naître cet enfant avant cette date puisque Catherine Laporte en 1676 avait à peine treize ans.
On peut voir le nom de notre ancêtre sur la liste des confirmés du Fort Chambly, confirmation célébrée le 21 mai 1669. Son nom y apparaît et on le nomme Philbert Couitteau (sic) de Nevers. Nevers, c'est loin de la Gascogne mais certains diront que c'est de Nevers que partit le régiment de Carignan avant de s'embarquer pour le Canada. Mais était-il vraiment membre de ce célèbre régiment comme voudrait bien nous faire croire Robert de Roquebrune. Après vérification dans un livre qui fait l'historique de ce régiment, "Le Régiment de Carignan " écrit par Régis Roy et Gérald Malchelosse (Édition G. Ducharme Montréal, 1925) il n'y a aucune mention de Philibert Couillaud ou un nom comme Laroque ou Roquebrune dans l'énumération des soldats. R. de Roquebrune dit aussi qu'il était officier dans ce régiment ce qui aurait dû lui donner une certaine visibilité, mais il n'en est rien. En 1667 on mentionne Philibert Couillaud qu'on nomme Rocbrune sur un contrat de vente d'un terrain à Montréal. On y lit que les vendeurs on baillé pour une période de trois ans une partie de leur terre ... aux nommés Rocbrune, le Vallon et suivit d'un espace en blanc on dit qu'ils sont ... Soldats de la Compagnie du Sieur de Contrecoeur. Il s'établira finalement à Contrecoeur voisin du seigneur de l'endroit, Anthoine de Pécaudy qui était commandant de compagnie dans ce célèbre régiment. Dans son Dictionnaire des familles du Québec, à la page 281, René Jetté dit bien qu'il est Soldat de la compagnie de St-Ours au Régiment de Carignan. Philibert prend possession d'une terre dans la seigneurie de Contrecoeur en février 1680 mais je ne pourrais dire si cet achat se fit à la même époque que les autres colons de cet endroit. Le nom de Philibert Couillaud apparaît sur le recensement de 1681. La seigneurie de Contrecoeur comptait alors 69 âmes. Dans leur exposé sur le régiment de Carignan, Malchelosse et Roy écrivent aussi que ce régiment se trouvait à Marsal en Lorraine lorsqu'il reçut l'ordre de se rendre à La Rochelle pour s'embarquer pour le Canada. Cela mettrait de côté la théorie du départ à partir de Nevers. Autre chose qui pose question est que beaucoup de simples français sans titre quelconque venus en Nouvelle-France se sont retrouvés seigneur à la tête de seigneurie. Alors, comment se fait-il que Philibert Couillaud de famille noble ne soit pas devenu seigneur. Après tout n'avait-il pas le courage d'un mousquetaire, la tête du meneur d'homme, le type de gens qui ne craint pas de revendiquer le titre convenant à son rang. À la lecture des deux documents, Nova-Francia et "Testament de mon enfance" on dépeint deux Philibert; En France, l'hommes vaillant et courageux qui se retrouvait partout jusqu'à la cour de France, et au Canada, le Philibert reclus qui n'a à peu près rien laissé de tangible derrière lui dans ce pays.
Notre Historien Robert de Roquebrune à la recherche de ses ancêtres en France aurait trouvé dans le Sud-Ouest de ce pays une commune nommée Ordan-Larroque qui se trouve à peu de distance d'une autre commune nommée Roquebrune. Voilà, j'ai trouvé. De plus, en épluchant les archives de Ordan-Larroque, il trouve une famille, Bernard de Laroque et Marie de Marcilly, qui aurait vécu durant les années 1640 et qui aurait pu avoir donné naissance à un fils à cette époque. De plus, la mère de Marie de Marcilly était Charlotte Couillaud de Hauteclair. On ferme ainsi la boucle, Laroque, Roquebrune, et Couillaud. En réorganisant un peu l'histoire de ces deux communes et en associant untel Seigneur avec un tel autre on arrive avec une histoire plausible. On peut se demander aussi pourquoi il évite de commenter au sujet du document de la Confirmation de Philibert Couillaud. Ce document déclare qu'il est de Nevers et c'est le seul connu au Canada qui indique l'origine de Philibert Couillaud. Pourquoi donc choisit-il d'ignorer ce document ? En fait, au lieu de l'ignorer Robert de Roquebrune fait ce qu'il fait toujours, il fait de Nevers le point de départ de Régiment de Carignan. En fouillant un peu on trouve que le régiment se trouvait en Alsace, endroit qui avait plus de sens stratégiquement que Nevers au centre de la France.
Dans un autre article toujours écrit par Robert de Roquebrune (Le Bulletin de Recherches Historiques, no 675, vol 57 Juillet, Août Septembre 1953 No. 3 page 41) portant le titre "Études onomastiques, ORIGINE DES NOMS CANADIENS " il disserte au sujet des différentes épellations et formes que prirent bien des noms de famille Québécois et il cite en exemple, quoi d'autre que le patronyme de son ancêtre Philibert Couillaud qui, selon lui, avait laissé sa signature au bas d'un contrat. "En 1504, deux frères prêtent serment au Roi comme ballis d'épée en Provence et l'un signe Pierre de La Roque, l'autre Jean de Roquebrune (Arch. des Bouches-du-Rhône. Fond Parlement de Provence, 3. Pièce 12). Certains membres de cette famille ont porté le surnom de Couillaud à cause d'une alliance avec les Couillaud de Hauteclair. Dans un acte de mariage, au Canada, à la fin du XVIIIe siècles, le fils signe La Roque et son père signe Roquebrune." Il est fort probable que de Roquebrune parle ici de l'acte de mariage de Louis Laroque et de Marie Madeleine Sabourin. À cette date Philibert Couillaud était décédé et aucun acte ne fut trouvé portant sa signature. Philibert déclare ne savoir signer.
Sur deux actes notariés, un passé le 12 février 1680 pour l'achat d'une terre à Contrecoeur et l'autre le 18 mai 1688 pour une promesse de repayer un emprunt, notre aïeul déclare au notaire sur les deux documents qu'il ne sait pas signer, c'est à dire qu'il est illettré, à tout le moins incapable d'écrire. Alors était-il vraiment de descendance noble, à vous de décider. On peut lire l'article paru dans Nova-Francia Les La Roque de Roquequebrune en France et au Canada , le chapitre Les années oubliées tiré du livre "Testament de mon enfance" et Les Canadiens d'Autrefois de l'auteur Robert de Roquebrune, ainsi que l'article de l'Institut Drouin paru dans le Dictionnaire National des Canadiens Français,L'Ascendance Noble de Philibert Couillaud de la Rocque de Roquebrune est aussi la votre
mis à jour le 1er avril 2007