Dosithée Léger épouse Julie Nicolas le 11 juin 1877 à l'église St-Victor d'Alfred, Ontario (l'acte
de mariage). De cette union, dix enfants verront le
jour (Supplien, Mérisa, Napoléon, Délisca (biographie), Exilda, Edouard, Marie-Louise, Délia, Arthur (biographie), Dosithée).
Pour Dosithée ce fut son deuxième
mariage, il avait pris comme épouse en première noce Sophie Dupuis, qui lui avait
donné deux enfants (Wesceslas et un enfant mort bébé). Dosithée et Julie furent
propriétaires de moulin à scie à deux reprises à Riceville (petit village
près de Fournier, Ontario). En 1900, à la suite de l'incendie de son premier moulin, le
couple quitte Riceville et déménage leur famille à
Fitchburg, Massachusetts, USA, pour commencer une nouvelle vie. En allant à
Fitchburg,
ils se trouvent aussi à se rapprocher de deux de leurs fils (Supplien et Edouard) déjà
bien établis comme entrepreneurs en construction domiciliaire. Aux États-Unis, Dosithée
fait de la menuiserie et possède un petit magasin de chaussures. Un soir, comme raconte
son fils Arthur " Il est allé à la gare pour chercher une boîte de chaussures.
La boîte
étant sur la plate-forme, en la tournant, il tomba en bas sur les rails et se brisa la
hanche". Dosithée fait, aussi, une chute du toit d'une grange et selon une
expression de l'époque "il s'est rentré une jambe dans le corps". La médecine
du temps étant très limitée, Il portera par la suite, pour le reste de ses jours, une
chaussure avec une semelle de plusieurs pouces d'épaisseurs.
En 1905, il décide de revenir au Canada. Durant le trajet de retour par train, sa fille
Marie Louise (alors âgée de 10 à 11 ans) fait une indigestion aiguë suite d'avoir
mangé des arachides. Son cerveau sera endommagé et elle en subira les séquelles
jusqu'à son décès vers l'âge de cinquante ans.
De retour à
Riceville, Dosithée se rebâtit un autre moulin à scie. Il
cultive, aussi alors, des champs de houblon et de patates. Ce fut aussi le temps des
longues journées. Julie était debout à 4 heures chaque matin, elle était responsable
de nourrir la quinzaine d'employés du moulin. À l'époque, on disait même que Julie
couchait toute habillée pour gagner du temps. Dans le village, ses enfants étaient les
seuls Canadiens français qui fréquentaient l'unique école du village soit une école
anglaise. Pour conserver leur langue maternelle, Dosithée insistait pour que ses enfants
parlent toujours français à la maison.
Selon les souvenirs
d'enfance de son fils Arthur, dans le village de Riceville à cette époque, il y avait:
la famille de Dosithée, l'école anglaise, une
église baptiste, l'hôtel de ville, le bureau de poste, la famille Cumming. En face, le
magasin général, les Macarthys, la loge des orangistes, un hôtel, la
loge des francs
maçons, Suzanne ?, son frère Clément et le moulin à scie de Dosithée.
C'était aussi
l'époque des parades des orangistes, avec fanfares et une tête de cochon avec une hostie
dans la gueule sur une auto. À la suite de l'incendie de son deuxième moulin à scie, le
couple déménage chez leur fille Mérisa à Alfred. Selon les rumeurs de l'époque, ses
deux moulins furent brûlés par les orangistes.
En 1934, Julie paralyse
et est alitée de façon continue. Dosithée meurt le 23
juin 1935 à Alfred, Ontario. Mérisa prendra soin, à son domicile, de sa mère Julie
durant plusieurs années. Finalement dans les années 40 (après un court séjour à
l'Hôpital Notre-Dame de l'Espérance à Ville Saint-Laurent), Julie sera hospitalisée à
l'hôpital Saint-Vincent d'Ottawa. C'est à cet endroit que Julie décède le 9 avril 1945
(nécrologie
LeDroit), (funérailles LeDroit), (carte mortuaire), (
In Memoriam,
La compagnie Funéraire Gauthier Limitée).
Pour conclure,
toujours selon son fils Arthur "Dosithée était un homme de caractère. Il aimait
mieux plaider que manger. Malgré son infirmité, il se levait à 5 heures, on déjeunait
à 6 heures. Il était promt, mais pas mauvais, ni rancunier. Julie était douce, elle a
bien travaillé, élever sa famille de onze enfants, faire l'ordinaire pour les employés
du moulin. Les hommes travaillaient pour $18.00 par mois plus nourris. Papa nous avait
fait une sleigh pour atteler les chiens. Il était maguillon (vendeur de chevaux)" |