Clerc de Saint-Viateur de 1940-1943 "La mort est amère à qui regarde derrière soi, vers ce qu'il doit quitter: joyeuse, à qui tient les yeux fixés devant soi, sur ce qu'il va conquérir. Et c'est pourquoi s'illumine le visage du religieux mourant. Il voit: Celui qui vient ". R. Claude, s.j. C'est bien ainsi que le frère Gaston Couture ( carte mortuaire) (nécrologie LeDroit) quitte cette terre il y a à peine quelques mois. Frappé d'une crise
d'appendicite aiguë dans la nuit du 7 août, il est transporté de Beauharnois à
Montréal, pour une opération d'urgence. Son cas, inquiétant dès le début, semblait se
normaliser lorsque que soudain des complications amenèrent une péritonite. Le mal est
rapide et mortel à la fois. Averti du
danger, le Père Élie Charlebois, c.s.v., assistant provincial, se rend au chevet du
malade et lui administre les derniers sacrements.
Providence entre toutes, le frère
Couture fait les dernières confidences de son âme à son ancien directeur spirituel de
collège. Après avoir reçu les dernières onctions, notre confrère, quoique très
souffrant, sourit à ceux qui l'entourent. Il est content du généreux sacrifice que son
âme résignée accepte et des grâces nombreuses dont il vient d'être comblé. Il était
déjà prêt, selon le langage grandiose de l'Église, à écrire la première page du
livre suprême. Le frère Couture avait tout quitté pour suivre le Maître. Le samedi
matin, 14 août 1943, à l'Hôtel-Dieu de Montréal, il rendait sa belle âme à Dieu. Il
réalisait doublement son idéal en s'appliquant ces consolantes paroles : Est-ce trop
quitter que tout quitter pour Le voir ? Le père de Gaston, Monsieur Louis Adolphe
Couture, employé à la Banque Canadienne Nationale depuis 1913 à Fournierville, se maria
en 1919 à l'institutrice de l'endroit, mademoiselle Sénora Boivin.
Monsieur Couture, homme de haute taille et de personnalité accomplie, travaillait non pas pour toucher salaire mais pour élever sa famille qu'il voulait belle: belle par ses manières; belle par sa solidarité; belle par l'instruction de chacun de ses membres. " Nous ne sommes pas riches en argent sonnant, avoua-t-il un jour, mais en capital humain! " Et la maman n'était pas femme à manquer de coeur et de courage. Pour avoir enseigné plusieurs années, elle savait ce que c'était qu'un enfant. Aussi ne négligea-t-elle rien pour les quatorze qu'il plut à Dieu de lui donner. Nous savons la sollicitude d'une mère pour les siens. Madame Couture fut la femme forte de l'Évangile. C'est elle qui forma à la piété convaincante notre cher Gaston. C'est elle qui inculpa les vertus chrétiennes et l'amour de Dieu qui doivent exister dans tout être humain. Dieu sait et nous aussi savons, combien elle a réussi dans sa tâche chrétienne. À l'automne
de 1927, Gaston, devenu grand garçon de six ans, prit le chemin de l'école paroissiale
de Fournierville. L'année suivante,
Monsieur Couture, ayant reçu une promotion pour la Banque C.N. de Casselman, quitta Fournierville au grand regret de tous. Les vacances de 1931 furent ennuyeuses aux enfants qu'on avait si brusquement changés de milieu. Aussi l'ouverture des classes fut-elle désirée. L'école de Casselman était dirigée par les Soeur Grises de la Croix d'Ottawa. Les enfants furent d'autant plus enchantés de leurs nouvelles maîtresses, qu'ils possédaient une tante dans cette communauté! Gaston se sentit chez lui dès le début et se fit remarquer par sa docilité et son travail. Il y demeura jusqu'en 1936. Il passa ensuite une excellente année au High School de l'endroit, puisqu'il réussit ses Entrées par recommandation, ce qui l'exempta des examens du Département de l'Éducation. Ce qui distingua et caractérisa Gaston pendant son jeune âge à Casselman furent ses relations avec ses camarades. Sa façon simple et bonne d'accueillir les types les plus insupportables, l'intérêt qu'il portait aux enfants issus de parents pauvres et avec lesquels il aimait à partager ses jeux, lui valurent de nombreuses amitiés. On l'aimait parce que jamais il n'avait de mots durs, irritables; parce que, de sa réserve, se dégageait un respect commandé; parce qu'il s'intéressait particulièrement à ceux que la nature avait moins favorisés. Un jour, sa maman, sans lui en faire un reproche toutefois, lui fit remarquer qu'il fréquentait des compagnons qui n'étaient pas de son rang. Bien simplement l'enfant répondit: " Mais ils sont pourtant de bien bons copains". Son entrain et son habilité dans les jeux, dans lesquels il ne mettait aucune prétention, ne diminuèrent pas ses admirateurs. À son décès, les journaux locaux en faisaient mention et parlaient du renom enviable qu'il avait laissé dans les esprits et dans les coeurs.
Nous sommes donc dans un milieu où il sera plus facile de connaître Gaston, et dans un temps où sa personnalité de manifestera plus positivement. Il est une figure attachante par son physique agréable et par cette gêne naturelle qui donne du ton à ses manières et qui en fait un compagnon de choix. Il n'a jamais de difficultés avec ses professeurs. Pour tous et chacun, il a un grand respect : non pas un respect de servitude ou de timidité, mais un respect de convictions, né de principes arrêtés, inculquées par les siens, ses père et mère particulièrement. Ses études ne furent pas ce qu'on a coutume d'appeler brillantes. Et en cela, il faut bien avouer que le succès n'a pas toujours répondu aux efforts sincères et généreux de l'étudiant. Particulièrement
sociable, il est fort estimé de ses condisciples. Par sa timidité, Gaston n'en n'impose
à personne, mais il est celui qui écoute, qui encourage par un sourire communicatif.
Gaston était un sportif remarquable. Tous les sports l'intéressaient et nous savons comme il s'y adonna à coeur joie et avec assez de succès. D'un grand dévouement, il était l'aide précieux d'un préfet ou d'un professeur et tout ce qu'il faisait, il le réalisait avec une application étonnante. Il aurait pu se faire mourir à aider quelqu'un à quelque service que ce fût. Souvent ses jeux y furent sacrifiés. Doué d'une piété transcendante sur ses compagnons, il demeurait le collégien édifiant, par sa retenue constante et vigilante avec son entourage. Il avait cette foi d'enfant, naïve même, qu'il a toujours gardée d'ailleurs. Dès sa première année de collège, il se trouva un directeur de conscience. Il choisit l'ancien élève de sa mère et comme il l'a écrit plus tard: Après ma mère c'est certainement au Père Aldéi Denis que je dois ma vocation religieuse ". L'année suivante, il eut un autre mentor spirituel qu'il retrouvera sur son lit de mort. A cause de son caractère fermé, il ne fit peut-être pas régulièrement sa direction spirituelle, mais hâtons-nous d'ajouter qu'il fît preuve de beaucoup de générosité. Gaston n'était pas dépourvu d'une volonté tenace comme en témoignent ces quelques résolutions: Je ne serai pas oisif. Je ferai tout pour m'occuper. Je ferai tout pour éviter certaine rencontre féminine qui pourrait nuire à ma vocation.
Nous venons justement de sortir de retraite. Je l'ai beaucoup aimée. Notre prédicateur a été très intéressant. Et, puisqu'il le faut, je vais vous dire quelle décision j'ai prise. Cela vous surprendra un peu mais c'est Dieu qui le veut ainsi. Vos prières ont été efficaces. J'entrerai chez les Clercs, au mois d'août prochain, si vous n'aviez pas d'objections. Je ne voudrais pas que cela se sache trop tôt. Yvon n'en sait rien ici. Mais, Monsieur Couture, qui avait reçu la lettre à son bureau, s'était tellement empressé de la lire, qu'avant même de prendre connaissance du texte qui lui demandait le silence, communique immédiatement à ses employées et chez lui la bonne nouvelle. Quelques jours plus tard, notre Gaston recevait par lettre les excuses de son papa trop communicatif, et les félicitations de sa maman pleurante de joie. Le 4 juillet suivant, Gaston retournait à Rigaud, mais cette fois, se dirigeait vers le Noviciat, fier de reprendre contact avec ceux qui lui avaient rendu de grands services, tant spirituels que temporels, écrivait-il plus tard. Après une retraite préparatoire, il prit le saint habit le 23 juillet 1940. Il avait 19 ans. Ce fut un grand sacrifice. Deux ans plus tard, il écrivit ses impressions: Veuille croire, chère soeur, qu'au jour de la séparation j'avais hâte, la nuit venue, de soulager ma peine en pleurant sous mon oreiller. Je n'en suis pas moins heureux pour tout cela aujourd'hui d'avoir consenti ces sacrifices. Bien au contraire, peut-on demander plus que la paix de l'âme. Les troubles que tu ressens en ce moment sont bien ceux que j'éprouvais moi-même après ma décision de retraite. Je ne pouvais pas me faire à l'idée de vous quitter tous pour entrer en communauté. Et surtout lorsque je me suis vu obligé d'entrer un mois plus tôt que la date annoncée, je n'en dormais plus la nuit. Au Noviciat, notre novice se montra sérieux et réfléchi. La gêne le rendait solitaire mais l'ambiance du milieu contre balançait cette faiblesse de caractère. Il se montre soigneux dans ses travaux écrits. Des cahiers de notes en rendent témoignage. Lui qui n'avait pas une calligraphie des meilleures, réussit toutefois à présenter des travaux fort appliqués. S'il n'eut rien de remarquable dans ses mortifications extérieures, il ne manque pas de générosité pour tout ce qui avait trait à la vie du Noviciat. Il faisait tout son possible, pour remplir les obligations que comporte la vie de communauté. Il se montre tel qu'il mérita ce témoignage de son Père Maître: Le frère Couture est arrivé au Noviciat des mieux préparés pour la vie religieuse, grâce au grand esprit religieux qu'il apportait d'une famille profondément chrétienne. Durant son noviciat, il s'est fait remarquer par sa piété sincère, la dignité de son langage et de ses manières et aussi par sa grande charité. Il était estimé de tous ses confrères. Frère Couture avait un coeur d'apôtre. Rempli du souffle de l'Esprit saint, il demanda par ces paroles son admission à la profession : Je ne puis demeurer indifférent devant le bien que peut faire aux âmes le religieux enseignant. Ayant poursuivi mes études commerciales dans une de vos maisons d'éducation, j'ai compris le grand rôle que vos religieux y jouait. Le frère Couture n'était pas un homme de premier plan, un homme pour décider d'un acte ou pour résoudre un problème. Mais il était l'aide précieux que prête main forte au chef. Souvent il fut le seul réalisateur des décisions de ses chefs, dans les différents domaines que comporte une vie normalienne. D'une volonté excellente, il emboîtait le pas pour tout ce qui était de bon mouvement. Membre convaincu de l'AVE, d'il n'en était pas l'âme dirigeante, il était l'âme agissante: agissante par l'intensité de ses prières, par le dévouement qu'il prodiguait à son entourage et par la charité pénétrante qu'il avait pour tous. Sa tenue ne flanchait pas et elle était loin d'être guindée. Très minutieux, ses habits, sa chambre tout ce qui était à son usage était utilisé de façon impeccable. Le frère Couture admettait une hiérarchie dans ses affections. Le Christ n'a-t-il pas aimé sa mère plus que saint Jean et Jean plus que Thaddée et Thaddée plus que Judas. Aussi était-il l'ami de tout le monde, quoiqu'il se réservait quelques intimes. Il n'admettait pas d'indifférence ou d'antipathie pour ses confrères. La bienveillance donne plus d'amis que la richesse et plus de crédit que le pouvoir. Si ce n'est cette timidité que nous trouvons toujours chez lui et qu'il ne chercha guère à surmonter, le frère Couture n'avait pas de défauts apparents. Et c'est ici le témoignage unanime de ceux qui l'ont connu. Cette gène a dû certes le faire souffrir. Il n'était pas assez ouvert à ses supérieurs. En direction disciplinaire, le directeur n'était guère plus renseigné à la fin de l'entretien qu'au début. Il le dira lui-même à sa soeur : Nous autres, les Couture, nous sommes bien tous pareils, pas assez ouverts. Dieu seul sait le mérite de ses intentions de ses sacrifices obscurs à nos yeux. Il ne parlait pas beaucoup mais savait tout de même communiquer ses sentiments dans des lettres à ses intimes. C'est à sa soeur particulièrement, devenue depuis novice chez les Soeurs Franciscaines Missionnaire de Marie, à qui il aurait pu dire comme David à Jonahas:
Mon âme est collée à la tienne, c'est à sa soeur, qu'il
s'épancha davantage. Les sentiments de ces deux âmes étaient identiques. Je te vois à
la maison, lui écrit-il, avec toute cette marmaille et tout ce travail. Ta tâche est
noble en autant qu'elle est difficile. Accomplis bien l'emploi de Marthe en attendant
l'appel divin. Tout être a ses misères; sois assurée du secours de mes prières dans ta
douleur, La nomination du 16 juillet 1942 le plaçait à l'Institution des Sourds-Muets. Voici les impressions que sa soeur reçut de cette première obédience. Je suis nommé à l'Inst. des S.M. Je viens de l'annoncer à la maison. N'en parle pas, mais je te dis que même si j'avais été nommé en Chine, je n'en aurais pas été plus surpris. Les confrères m'encouragent beaucoup. On m'a dit que la tâche est difficile. Elle est aussi plus méritoire. Il y a des moments difficiles dans la vie, chère soeur, et il vaut aussi bien les rencontrer aujourd'hui que demain. Après tout, il faut prendre la grâce quand elle passe. J'accepte cette épreuve pour la réussite de mon apostolat. Cette nomination qu'il trouva difficile à accepter lui donna occasion de retremper son caractère. Il acceptait joyeusement de se rendre au poste assigné lorsqu'il reçut une seconde obédience, qui le désignât à Louis Hippolyte Lafontaine. Il y passera donc la dernière année de sa vie, qui bien remplie. Il aimait beaucoup sa classe de troisième année. À quelqu'un qui lui demandait s'il aimait l'enseignement et s'il trouvait cela routinier, il répondit : J'aime l'enseignement. Il faut certes, une dose de patience pour les premiers temps mais tout cela est vite oublié quand on se rend compte que trente-huit petits garçons savent mieux prier, mieux lire, compter et écrire. La journée finie, je suis fatigué. Ce n'est pas en vain que les sueurs et l'énergie sont dépensés. Nous n'en sommes pas moins heureux pour tout cela, bien au contraire. La tâche d'un éducateur n'est pas routinière comme vous pouvez le croire. Bien que nous soyons un an avec les mêmes élèves, il n'y a guère de jours qui se ressemblent. Il avait peu de ressources personnelles pour débuter dans l'enseignement mais il sut prendre conseils et adapter des méthodes de confrères plus expérimentés. Il n'avait pas une forte discipline. Lui-même avouait qu'il ne pouvait réprimander assez sévèrement un élève. Il était trop bon. Dans son école, souvent on faisait des collectes d'argent pour diverses organisation tant scolaires qu'extrascolaires. Cela répugnait beaucoup à notre confrère. Il n'y a rien, écrit-il, qui me fait mal au coeur comme de quêter toujours. Que veux-tu, chacun ses croix. En mission, il fut
un confrère aimable, dévoué, généreux.
1. Continuer à tout prix mon examen particulier tous les jours. M'imposer une dizaine de chapelet chaque fois que je le manquerai. 2. Le silence après 8.30 heures, p.m. Si j'y manque, chapelet du Sacré Coeur les bras en croix. 3. Ne pas oublier la lecture pieuse, cinq minutes chaque soir avant de me coucher. 4. Puisque nous sommes en famille, il faut s'entraider: un sacrifice par jour pour les confrères. 5. Je continuerai mes mortifications à table. 6. Je ferai un chemin de croix par semaine. 7. Je souffrirai avec le Jesus-Christ plutôt que de le regarder souffrir.
La vie est trop courte, écrit-il, pour la gaspiller dans des plaisirs éphémères. Des confrères de classe que j'ai rencontrés au banquet des anciens de Bourget, m'ont avoué eux-mêmes que malgré les bonnes positions que nous occupons, Gaston, tu as encore choisi la meilleure part! Je sais bien que si j'étais resté dans le monde, j'aurais eu une chance sur cent de me sauver avec mes bonnes intentions. Que de grâces, Dieu nous prodigue chaque jour lorsque nous marchons avec Lui, la main dans la main. Hier soir, c'était la retraite du mois. Je pensais alors au bonheur que j'allais éprouver bientôt, de voir ma petite soeur dans les rangs de ceux que le grand Frère prédestine. En juillet 1943, notre confrère fut assigné au même poste mais la liste les obédiences d'août le transférait à l'école Sainte Bernadette de Hull. Le bon Dieu lui réservait pour la même date une autre nomination. Il a bien premier droit! Les cours de vacances l'avaient amené à Beauharnois. Un soir, un club étranger annonça sa visite pour une partie de balle au camp contre les religieux du collège. Tout naturellement, on offrit au frère Couture la position de lanceur, mais il refusa faisant comprendre combien il était indisposé. Les confrères insistèrent, firent pression. Mais notre confrère semblait irrésistible dans sa détermination. Mais voici qu'au moment de la partie, un confrère, un de ses intimes, le rencontre tout surpris de le voir disposé à jouer. Vous y êtes? Il le faut. - Vous devriez vous en priver, vous me paraissez bien fatigué. - Que voulez-vous, je ne peux pas leur refuser cela après tout. Et il lança toute la partie et de plein coeur. Dans cette nuit du 7 au 8 août, il eut une forte crise d'appendicite qui se manifesta par les symptômes coutumiers. Il n'osa déranger personne et souffrit ainsi toute la nuit. Sur le matin, le médecin appelé en hâte décida le transport immédiat à Montréal où, comme on le sait, Il fut opéré d'urgence. les complications se manifestèrent bientôt quoique pour un temps, le malade sembla pouvoir en triompher. La péritonite se déclara et le mit dans une situation inquiétante. Le vendredi soir, veille de sa mort, le Père Assistant Provincial se rendit à son chevet. Il avait sa pleine connaissance. Avec grande peine, à cause de son extrême faiblesse, il réussit à dire, en réponse aux onctueuses paroles que le Père Charlebois venait de lui dire: Mon Père, bénissez-moi! Ce furent ses dernières paroles. Dans de grands sentiments de foi, il reçut le sacrement de l'extrême-onction. Il réalisait pleinement sa mort prochaine. Le Père le quitta vers minuit et revint à six heures le lendemain matin. L'état du malade était qu'on récita les prières des agonisants. Quelques minutes plus tard le frère Couture remettait sa belle âme à Dieu, purifiée par ses dernières souffrances. Il était résigné, parce qu'il mettait Dieu entre ses douleurs et lui-même.
La dépouille mortelle fut transportée à Rigaud et exposée à l'école Normale. Les témoignages de sympathie affluèrent. Il y eut une telle affluence dans la journée du dimanche qu'on eut cru au décès d'un supérieur. Cette foules émue rendait hommage à la communauté que le jeune frère Couture avait si bien incarné et apportait à la famille leurs sympathiques amitiés. Au-Delà de cent messes furent payées, près de deux cents bouquets spirituels, sympathie, télégrammes furent déposés aux pieds de la dépouille. Les funérailles eurent lieu, lundi, le 16 août. Le Père Henri Faubert, Maître des novices, présida la levée du corps faite à l'École Normale. Le service solennel fut chanté au Noviciat N.D de Lourdes par le R. Père Louis-Philippe Fafard, c.s.v., Supérieur provincial, assisté du R. Aldéi Denis, c.s.v., ancien de Fournierville et de l'abbé D. Desjardins, vicaire à Casselman, comme diacre et sous-diacre. Auprès de la famille et des amis venus nombreux, les religieux et les novices lui rendirent un émouvant et ultime hommage pendant ces prières liturgiques qui précédèrent son inhumation dans ce cimetière du Noviciat de Rigaud. Et c'est ainsi que le frère Couture a passé parmi nous. Sa vie fut courte mais édifiante et bien vécue. Elle fut sincère car toute sa vie durante, il justifia le choix qu'il avait fait de sa vie religieuse. Pour clore ces quelques lignes écrites pour notre édification, permettez-moi de vous citer un extrait de la lettre que la mère de notre confrère adressait au Père Elie Charlebois, c.s.v., quelques jours après ces solennels moments que nous venons de revivre. Dieu seul sait ce que j'aurais voulu sacrifier pour vous remplacer après minuit auprès de Gaston. J'aurai tant voulu le presser sur mon coeur! J'aurai tant voulu entendre ses dernières paroles. Étaient-elles pour Dieu? Réalisait-il trop qu'il était sur le point de mourir? J'ai peur que non, étant si jeune, ou peut-être était-il trop souffrant? Il faut être si pur pour jouir de l'éternel Face à Face immédiatement après sa mort! Dieu aurait-il jugé qu'il avait besoin des grandes souffrances de toute sa nuit pour préparer son entrée au ciel? Dieu l'a-t-il voulu ainsi pour augmenter le poids du sacrifice? Puisse-t-il voulu ainsi pour augmenter le poids du sacrifice? Puisse-t-il avec vos bonnes prières et celle de la communauté lui ouvrir toute grands la porte du ciel. Que la sainte volonté de Dieu soit faite! Le Lui donne de grand coeur, mon grand, mon aîné! Texte écrit par le frère J.M. Lamonde Clerc de Saint Viateur |
||
La Généalogie de la famille Larocque Couture