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From : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/notices/g-i/GIROW.htm

GIROUARD, Wilfrid
(1891-1980)

Né à Drummondville, le 9 septembre 1891, fils de Joseph-Éna Girouard, avocat, et d'Emma Watkins.

Fit ses études au collège d'Arthabaska, aux collèges Sainte-Marie et Loyola, puis à la McGill University à Montréal. Admis au barreau de la province de Québec le 31 juillet 1916. Créé Conseil en loi du roi le 6 octobre 1926.

Exerça sa profession à Arthabaska avec Me Joseph-Édouard Perreault. Secrétaire du barreau du district d'Arthabaska. Bâtonnier de la province de Québec en 1940 et 1941. Membre du Club de réforme, des clubs Victoriaville et Arthabaska, du Cercle universitaire de Montréal, du Club de la garnison de Québec et des Chevaliers de Colomb.

Élu député libéral à la Chambre des communes dans Drummond-Arthabaska en 25. Réélu en 1926, 1930 et 1935. Démissionna en 1939. Élu député libéral à l'Assemblée législative dans Arthabaska en 1939. Procureur général dans le cabinet Godbout du 8 novembre 1939 au 8 mai 1942. Son siège devint vacant lorsqu'il fut nommé juge à la Cour supérieure du district de Trois-Rivières le 8 mai 1942, poste qu'il occupa jusqu'en 1963.

Décédé à Québec, le 26 octobre 1980, à l'âge de 89 ans et un mois. Inhumé à Arthabaska, le 29 octobre 1980.

Avait épousé à Arthabaska, dans la paroisse Saint-Christophe, le 31 juillet 1923, Thérèse Marsil, fille de David Marsil et de Claire Laurin; puis, à Outremont, dans la paroisse Saint-Viateur, le 9 avril 1949, Marie-Louise-Florence Côté, fille de Joseph-Alphonse Côté, fonctionnaire et marchand, et de Marie Adam, et veuve de Paul-Émile Champoux.

Mise à jour: 31 juillet 1992

Je me souviens
Wilfrid Girouard
Par : Alain Bergeron
bergerona@transcontinental.ca
Article mis en ligne le: 15.07.2004

Sous le gouvernement libéral d’Adélard Godbout, de 1939 à 1944, le Québec a été marqué d’importantes réformes. Parmi celles-ci, rappelons le droit de vote aux femmes (droit revendiqué depuis des décennies; le Québec était en retard sur toutes les provinces au pays à ce chapitre) ainsi que l’instruction gratuite et obligatoire.

Le premier ministre Godbout veut aussi régler la question des femmes au Barreau. Tout comme pour le droit de vote, le Québec tire de la patte. Des discussions ont lieu à ce sujet à l’Assemblée nationale depuis 1922. Dans les deux cas, des oppositions farouches et systématiques viendront tant des banquettes occupées par le Parti libéral que de celles du Parti conservateur et de l’Union nationale.

C’est un grand moment de l’histoire politique du pays. Mesdames Thérèse Forget-Casgrain, Idola Saint-Jean et Marie-Gérin Lajoie rencontrent le premier ministre et lui demandent de régler la question des femmes au Barreau. M. Godbout accepte d’autant plus facilement que le procureur général de son gouvernement, Wilfrid Girouard, est, cette année-là, bâtonnier du Québec et qu’il est favorable à la réforme.

Le mercredi 26 mars 1941, Wilfrid Girouard présente le bill 38 favorable à l’admission des femmes à la profession d’avocat sans y faire mention des contraintes du code civil et de l’obligation d’obtenir le consentement du mari ou d’un juge. Le 27 s’amorce le débat en deuxième lecture, se poursuit en comité plénier et se termine sans panache par un vote divisé selon les strictes lignes de partis.

Le 29 mars 1941, le Conseil du barreau se déclare en faveur du principe de l’admission des femmes à la pratique du droit dans la province à 12 voix contre 11. Et le 1er avril 1941, le bill est voté en troisième lecture à l’Assemblée et le Conseil législatif l’adopte à son tour le 3 avril 1941. Finalement, le 29 avril 1941, le lieutenant-gouverneur Eugène Fiset donne la sanction royale au bill accordant aux femmes le droit à la pratique juridique.

Un an plus tard, Elizabeth C. Monk, diplômée de l’Université McGill, et Suzanne R. Fillion, diplômée de l’Université de Montréal, deviennent les deux premières femmes à figurer au tableau de l’ordre du Barreau québécois.

Wilfrid Girouard est né à Drummondville le 9 septembre 1891. Il est le frère jumeau d’un bébé qui ne survivra pas. Il est le fils de Joseph-Éna, avocat, et d’Emma Watkins. Son père marquera l’histoire de la région à titre de député, de notaire, de maire (le premier de l’histoire de Drummondville), d’avocat, de commissaire et registraire et de shérif à Arthabaska. Il est le 4e de six enfants.

Il a fait ses études au Collège d’Arthabaska, aux collèges Sainte-Marie et Loyola, puis à la McGill University à Montréal. Il est admis au barreau de la province de Québec le 16 juillet 1916.

Il exerce d’abord sa profession avec son frère aîné, Arthur, et Louis-Renaud Lavergne, à Arthabaska. En juin 1921, il devient l’associé légal de Me Joseph-Édouard Perreault, aussi député libéral provincial du comté et ministre dans le gouvernement Taschereau. Aux côtés de Me Perreault, il apprendra les rouages du monde politique. Le 31 juillet, à Arthabaska, il prend pour épouse, Thérèse Marcil, de Saint-Eustache.

À sa première campagne électorale, celle du 29 octobre 1925, il remporte avec facilité la première de quatre victoires consécutives pour le comté de Drummond-Arthabaska, avec une majorité écrasante de 5 375 votes sur ses adversaires Joseph Marie et Louis-Philippe Poulin de Courval.

Alcide Fleury raconte une anecdote amusante à propos de cette lutte politique. Lors d’une assemblée contradictoire à l’Hôtel de ville d’Arthabaska, M. de Courval a dit à la foule en désignant les libéraux Girouard et Joseph-Édouard Perreault (qui parlait alors en faveur de son associé) : «Vous savez que Notre Seigneur a été crucifié entre deux voleurs sur la croix; je suis comme lui. Je prends mes deux avocats, j’en fais une croix et je m’en vais !»

L’année suivante, le 14 septembre 1926, Wilfrid Girouard est réélu contre H.E. Sauveur. Autre victoire aux élections du 28 juillet 1930 aux dépens d’Agésilas Kirouac. Enfin, Élie Lalumière et Roland Provencher ne font pas le poids devant lui aux élections du 14 octobre 1935, où il triomphe par 6 714 votes.

Il faut dire que le comté voit «rouge» aux élections fédérales depuis la venue de Joseph Lavergne, en 1887.

Wilfrid Girouard aurait sûrement vogué vers une cinquième victoire de suite dans son comté. Après 14 ans à Ottawa, il choisit toutefois d’abandonner un mandat assuré pour briguer les suffrages à l’élection de 1939 au Québec. Cela, avec l’appui de son mentor, Joseph-Édouard Perreault.

La partie sera beaucoup plus serrée et, le 25 octobre 1939, il devient le nouveau député du comté d’Arthabaska, l’emportant sur Wilfrid Labbé par un peu moins de 800 votes.

Il est nommé procureur général dans le gouvernement Godbout, le 8 novembre. Il est Bâtonnier de la province de Québec en 1940 et 1941. Selon le Journal du Barreau, il est le dernier représentant d’Arthabaska à occuper ce titre. L’y ont précédé : Edouard-Louis Pacaud (1885-1886), Joseph-Édouard Méthot (1904-1905) et Joseph-Édouard Perreault (1921-1922).

Le 8 mai 1942, le député Wilfrid Girouard devient juge à la Cour supérieure du district de Trois-Rivières. Son siège devient vacant alors qu’il quitte la politique. Son épouse, Thérèse Marcil, meurt le 3 mars 1946. M. Girouard se remariera le 9 avril 1949, avec Marie-Louise-Florence Côté, à Outremont.

Le juge Girouard occupe son poste jusqu’en 1963 alors qu’il prend sa retraite. Il rend l’âme à Québec le 26 octobre 1980, à l’âge de 89 ans et un mois. Il est inhumé au cimetière d’Arthabaska le 29 octobre, aux côtés de sa première épouse, Thérèse Marcil.

(Photo : Ville de Victoriaville, fonds Alcide Fleury, P3, D1745.)
Alain Bergeron



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